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Insuffisance rénale

Définition
Le grand dictionnaire terminologique définit l’insuffisance rénale comme étant « une diminution de la fonction d'épuration des reins, menant au déséquilibre du métabolisme ». L'insuffisance rénale se traduit, entre autres, par une élimination difficile de l'eau et du sel, l'accumulation des déchets toxiques dans le sang (urée, créatinine) et une mauvaise production des globules rouges. Selon la cause, l'insuffisance rénale peut être, soit aiguë et généralement temporaire, soit chronique, irréversible et habituellement progressive. Il y a insuffisance rénale chronique (IRC) lorsqu’il y a endommagement des reins ou une diminution de fonction rénale pendant trois mois ou plus. On distingue cinq stades d’évolution d’une IRC selon la gravité de l’atteinte rénale ou selon le degré de détérioration de son fonctionnement. Généralement, cette maladie s'installe lentement et silencieusement mais elle progresse au fil des ans. Les personnes atteintes d’IRC ne passent pas toutes nécessairement du stade 1 au stade 5 de la maladie. Le stade 5 de la maladie est connu sous le nom d’insuffisance rénale terminale (IRT) ou insuffisance rénale au stade final ou ultime. Il est important de savoir que l’expression stade terminal, final ou ultime signifie la fin de toute fonction des reins (les reins travaillant à moins de 15 % de leur capacité normale) et non pas la fin de la vie. Pour rester en vie à ce stade de la maladie, il est nécessaire de recourir à la dialyse ou à une greffe de rein. La dialyse et la greffe sont connues sous le nom de thérapies rénales de suppléance (TRS). Cela veut dire que la dialyse ou le rein greffé vont « suppléer » ou « se substituer » aux reins malades et faire leur travail. Parfois, l’insuffisance rénale se déclare subitement. Dans ce cas, on l'appelle insuffisance rénale aiguë. Une blessure, une infection ou autre peuvent en être la cause. L’insuffisance rénale aiguë est souvent traitée d’urgence par la dialyse pendant quelque temps. Souvent, la fonction rénale se rétablit d’elle-même. Il existe différentes sortes de maladies et de troubles des reins. L'insuffisance rénale chronique peut être due à différentes causes. Certaines sont héréditaires alors que d’autres sont acquises ou se développent avec l’âge. L'insuffisance rénale chronique est souvent associée à une autre maladie, notamment le diabète et l’hypertension, les deux causes les plus fréquentes. D'autres troubles ou maladies, pouvant aussi entraîner l'insuffisance rénale chronique, incluent la glomérulonéphrite (néphrite), la polykystose autosomique dominante, l'obstruction des voies urinaires, la néphropathie de reflux, et les troubles du rein causés par certains médicaments ou drogues. D’autres problèmes peuvent affecter les reins, comme, par exemple, les calculs rénaux, le syndrome d’Alport, la maladie de Fabry, la tumeur de Wilms (enfants seulement), sans compter les infections d’origine bactérienne. Selon un nouveau rapport de l’Institut canadien d’information sur la santé (ICIS), le nombre de Canadiens qui sont au stade terminal de l’insuffisance rénale augmente constamment depuis 20 ans, mais leur taux semble maintenant se stabiliser. Le rapport annuel du Registre canadien des insuffisances et des transplantations d’organes pour le traitement du stade terminal de l’insuffisance organique au Canada, de 2000 à 2009, révèle que près de 38 000 Canadiens souffraient d’insuffisance rénale en 2009, soit au-delà de trois fois plus (11 000) qu’en 1990. C’est chez les groupes d’âge avancé qu’on a observé la plus forte augmentation, la hausse des taux de prévalence étant supérieure à 500 % chez les personnes de 75 ans et plus. Les patients qui font partie de ce groupe d’âge représentent 20 % de tous les cas d’insuffisance rénale. Aux États-Unis, plus de 10% de la population soit plus de 20 millions de personnes âgées de 20 et plus souffrent d’insuffisance rénale. En France, au 1er janvier 2009, à partir des données de 22 régions, on estime à 68 000 le nombre de personnes recevant un traitement de suppléance par dialyse ou greffe rénale (soit plus d’une personne pour 1 000). Près de la moitié (37 000, soit 54%) est traitée par dialyse, l’autre moitié étant porteur d’un greffon rénal.